Batch working : la méthode d’organisation pour réduire le stress au travail

Batch working : la méthode d’organisation pour réduire le stress au travail

Notifications constantes, tâches dispersées, interruptions continues : nos journées sont rarement linéaires. Ce mode de travail est pourtant un facteur majeur de stress. Et si la solution se trouvait dans une organisation plus rythmée ?

Le batch working propose une nouvelle manière de structurer sa journée : regrouper des tâches similaires dans un même créneau, au lieu de passer sans cesse d’un sujet à l’autre. Plus qu’une simple méthode de productivité, c’est une façon de réduire significativement la charge mentale.

1. Le multitâche : un faux ami qui alimente le stress

Nous avons pris l’habitude de répondre à un mail pendant une réunion, de consulter nos messages en rédigeant un document ou encore de scroller en regardant un film. Cette dispersion porte un nom : le "multitasking", et ses effets ne sont pas anodins.

Contrairement aux idées reçues, notre cerveau traite difficilement plusieurs tâches en simultané. Il alterne rapidement entre elles, ce qu’on appelle le switch cost (ou coût de changement). Ce changement de contexte constant augmente la pression et diminue la performance : il peut entraîner une perte d’efficacité allant jusqu’à 40 % selon des recherches de l’Université de Stanford.

Chaque interruption (mail, notification, collègue, tâche urgente) mobilise des ressources cognitives. Le résultat ? Une impression de ne jamais “finir”, une fatigue mentale en fin de journée et une pression qui s’installe. C’est ici que le batch working entre en jeu.

2. Le batch working : une organisation qui réduit la charge mentale

Le batch working consiste à regrouper des tâches similaires à un moment dédié de la journée ou de la semaine. L’objectif : minimiser les interruptions et éviter les transitions constantes afin de préserver sa concentration.

2.1. Pourquoi ça fonctionne ?

  • Moins de changement de tâche = moins de cortisol. Chaque transition cognitive génère un léger stress, sécrétant du cortisol. En limitant ces transitions, on réduit les pics de stress inutiles et la fatigue mentale associée.
  • Une concentration plus profonde = une libération contrôlée de dopamine. Lorsque le cerveau s’immerge dans une tâche prolongée, il active les circuits de récompense liés à la dopamine, à condition d’éviter les interruptions qui court-circuitent ce mécanisme.
  • Des routines stables = un meilleur équilibre émotionnel. La répétition de schémas familiers renforce un sentiment de sécurité et de contrôle.

Organiser ses journées en blocs, c’est une manière simple et concrète de réduire la charge mentale et de retrouver un fonctionnement plus harmonieux.

2.2. Un exemple concret

Au lieu de traiter les demandes au fil de l’eau, chaque plage de travail a sa fonction. Par exemple :

  • 9h-10h : traiter les emails et les messages
  • 10h-12h : préparer une présentation projet
  • 14h-15h : suivre des réunions
  • 15h-16h : clôturer les tâches administratives

Vous gagnez en clarté, en efficacité et en sérénité.

3. Comment mettre en place le batch working, sans trop de rigidité

Le batch working n’est pas une méthode rigide, il ne s’agit pas de planifier sa journée à la minute. C’est un cadre souple et adaptable à votre quotidien.

3.1. Observez vos journées

Pendant une semaine, notez ce qui vous prend du temps, ce qui vous interrompt et les moments où vous êtes vraiment concentré(e). Identifiez :

  • Vos heures de pics d’énergie et de concentration
  • Les tâches sur lesquelles vous préférez travailler
  • Les tâches que vous repoussez toute la journée
  • Les types de tâches similaires à regrouper

3.2. Créez des blocs thématiques

Essayez de définir 3 à 4 plages de travail par jour de 2h maximum, chacune dédiée à un type de tâche :

  • Bloc créatif (rédaction, réflexion, design)
  • Bloc réactif (mails, Slack, messages)
  • Bloc opérationnel (tâches courtes et “mécaniques”)
  • Bloc réunion (idéalement groupées sur 1 ou 2 jours)

3.3. Réservez vos blocs de travail

  • Créez des rendez-vous dédiés dans votre agenda la veille au soir ou le matin à votre arrivée. Priorisez les tâches qui vous plaisent le moins, cela vous évitera de les décaler jusqu’au lendemain.
  • Désactivez les notifications sur vos blocs de travail : une étude du Journal of Experimental Psychology montre que même une notification non ouverte peut réduire la concentration de 20 %.
  • Prévoyez de vraies pauses entre les blocs : marcher, respirer, ne rien faire pendant 10 minutes. Votre cerveau en a besoin pour rester efficace.

Pour conclure

Adopter le batch working, c’est gagner en productivité et se préserver. Il remet du rythme et de la clarté dans des journées souvent surchargées. Et surtout, il vous invite à ralentir sans culpabiliser.