Dans un monde marqué par l’hyperconnexion et l’accélération permanente, la peur de rater quelque chose, la FOMO (Fear Of Missing Out), est devenue un sentiment courant. En réponse, un mouvement inverse gagne du terrain : la JOMO, pour Joy Of Missing Out. Une approche qui propose non pas de tout arrêter, mais de choisir consciemment ce à quoi l’on accorde son attention.
Que recouvre réellement la JOMO ? Et en quoi peut-elle devenir un levier concret de réduction du stress et de charge mentale ?
1. Da la FOMO à la JOMO : comprendre le basculement
1.1. La FOMO, symptôme d’un monde où tout va trop vite
La FOMO est un mécanisme psychologique fondé sur la comparaison sociale et l’anticipation d’une perte. Il est particulièrement stimulé par les réseaux sociaux, qui exposent en continu des vies idéalisées. Cette exposition permanente entretient un sentiment d’urgence et de pression à suivre le rythme.
Cette sollicitation constante fragmente l’attention, augmente le stress perçu et rend plus difficile l’accès à des phases de repos mental.
1.2. La JOMO, une réponse adaptative
La JOMO propose un changement de posture : accepter de ne pas tout voir, ne pas tout faire, ne pas tout optimiser. Contrairement à la FOMO, qui est subie, la JOMO repose sur un choix volontaire et assumé.
Il ne s’agit pas de se retirer du monde, mais de reprendre la main sur ses priorités. En réduisant l’exposition aux sollicitations inutiles, la JOMO crée un espace favorable à la concentration, au repos et à une relation plus apaisée au temps.
2. JOMO et stress : ce que dit la science
2.1. Hyperstimulation et système nerveux
D’un point de vue biologique, le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter un flux continu d’informations. Chaque notification, décision ou comparaison sociale sollicite les circuits du stress, notamment via la sécrétion de cortisol.
Lorsque cette activation devient chronique, le système nerveux reste en état d’alerte prolongée. Cela peut se manifester par une fatigue mentale persistante, des troubles du sommeil, une baisse de la concentration ou une irritabilité accrue.
En réduisant volontairement les sources de stimulation, la JOMO favorise une baisse de l’excitation cognitive et permet au système nerveux de retrouver un fonctionnement plus équilibré.
2.2. Le rôle du repos attentionnel
Les sciences cognitives montrent que l’attention fonctionne par cycles. Le cerveau a besoin de phases de repos pour consolider les informations, réguler les émotions et maintenir une bonne flexibilité mentale.
Les pratiques associées à la JOMO (limitation des écrans, réduction du multitâche, temps volontairement non sollicités, ...) favorisent ces phases de récupération. Elles contribuent également à une meilleure transition vers le sommeil, pilier central de l’équilibre mental.
La JOMO s’inscrit ainsi dans une logique de prévention du stress, fondée sur des mécanismes neurobiologiques bien établis.
3. Intégrer la JOMO dans son quotidien, sans culpabilité
3.1. Redéfinir ses priorités
Adopter la JOMO implique d’accepter une réalité simple : tout choix comporte un renoncement. Dire oui à certaines activités, c’est nécessairement dire non à d’autres.
La JOMO invite à clarifier ses priorités et à s’autoriser :
- moins d’engagements, mais plus alignés,
- des temps de réponse différés,
- des moments de calme non négociables.
L’objectif n’est pas l’isolement, mais la cohérence entre ses choix quotidiens et ses besoins physiologiques et mentaux.
3.2. La JOMO comme pilier du bien-être durable
La JOMO n’impose pas un mode de vie radical. Il s’intègre progressivement dans une vie active, connectée et exigeante. Il repose avant tout sur l’écoute des signaux internes : fatigue, surcharge, difficulté à se concentrer, tensions émotionnelles.
Dans cette approche, la JOMO rejoint une vision globale du bien-être mental :
- réguler le stress plutôt que le subir,
- soutenir la concentration plutôt que la forcer,
- favoriser un sommeil de qualité plutôt que le réparer.
Chez Pauser, cette philosophie fait écho à une conviction forte : le calme n’est pas une pause dans la performance, mais l’une de ses conditions essentielles.
Pour conclure
Le mouvement JOMO propose une alternative réaliste à la surcharge mentale. En choisissant de rater certaines choses, il devient possible de mieux contrôler son temps, son attention et son énergie.
Dans un environnement qui valorise l’accélération permanente, la JOMO rappelle une vérité fondamentale : le cerveau humain a besoin de calme pour fonctionner durablement. Un calme choisi, assumé, et profondément régénérant.